{"id":1,"date":"2026-05-24T13:30:22","date_gmt":"2026-05-24T13:30:22","guid":{"rendered":"http:\/\/alicegn.cluster129.hosting.ovh.net\/?p=1"},"modified":"2026-06-04T22:57:18","modified_gmt":"2026-06-04T22:57:18","slug":"hello-world","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/alicegringras.fr\/hello-world\/","title":{"rendered":"Monique &#8211; M\u00e9moire d&#8217;une vie"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a des vies qui s\u2019\u00e9crivent en silence, sans tapage ni \u00e9clat, mais dont chaque ligne vibre d\u2019une force tranquille. Monique est de celles-l\u00e0. N\u00e9e en 1931, elle a travers\u00e9 le XXe si\u00e8cle \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un fil tendu entre le devoir et la discr\u00e9tion, la tendresse et la rigueur, l\u2019humour et la pudeur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette biographie, nourrie de ses propres mots, de ses souvenirs confi\u00e9s au fil des entretiens, retrace l\u2019itin\u00e9raire d\u2019une femme ordinaire aux accents extraordinaires. Des bancs de l\u2019\u00e9cole Pigier aux \u00e9t\u00e9s en Espagne, de la machine \u00e0 \u00e9crire aux premiers pas dans les airs \u00e0 presque 90 ans, Monique d\u00e9roule le fil de sa vie avec une \u00e9l\u00e9gance simple, tiss\u00e9e d\u2019anecdotes, de silences \u00e9loquents et d\u2019instants lumineux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce livre n\u2019est pas seulement un hommage. C\u2019est une invitation \u00e0 \u00e9couter autrement, \u00e0 regarder les visages discrets qui nous entourent, et \u00e0 se souvenir que la m\u00e9moire, quand elle se raconte, devient un acte de transmission.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette biographie est un cadeau r\u00e9alis\u00e9 par sa famille, et plus particuli\u00e8rement par sa fille Christine, \u00e0 qui elle porte un amour profond et complice. Une affection tiss\u00e9e d\u2019admiration, de connivence, et surtout d\u2019une ressemblance \u00e9vidente : ce caract\u00e8re t\u00eatu et d\u00e9termin\u00e9 qu\u2019elles partagent, cette mani\u00e8re de tenir bon, d\u2019aller au bout des choses, de ne jamais plier.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les propos ont \u00e9t\u00e9 recueillis par Alice Gringras, biographe et journaliste, avec sensibilit\u00e9 et fid\u00e9lit\u00e9, pour laisser une trace vivante de ce que fut \u2014 et demeure \u2014 la vie de Monique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Extrait de l&#8217;ouvrage de Monique<\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Chapitre 4 \u2014 Grandir sous des ciels troubl\u00e9s<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si Monique se souvient peu de ses ann\u00e9es d\u2019\u00e9cole parisienne avant la guerre, elle garde encore de vifs souvenirs de sa scolarit\u00e9 girondine. \u00c0 Reignac, elle fr\u00e9quente une \u00e9cole situ\u00e9e \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres de la maison de ses grands-parents. Chaque matin, elle y va main dans la main avec son amie d\u2019enfance, Paulette, qu\u2019elle n\u2019a jamais oubli\u00e9e et avec qui elle a gard\u00e9 contact jusqu\u2019\u00e0 nos jours. Ensemble, elles partagent des instants d\u2019insouciance, m\u00eame si la guerre jette une ombre sur leurs jeux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9cole occupe une place de choix dans la vie de Monique. Elle y trouve du sens, du go\u00fbt, une amiti\u00e9 fid\u00e8le aussi. Avec Paulette, elles jouent \u00e0 celle qui arrivera la premi\u00e8re. Elles se partagent la vie comme une complicit\u00e9 ind\u00e9fectible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le village, la guerre se fait sentir autrement. Reignac devient un centre actif de la R\u00e9sistance. Son oncle fait partie des FFI (Forces Fran\u00e7aises de l\u2019Int\u00e9rieur), ces hommes de l\u2019ombre qui luttent contre l\u2019occupant.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"http:\/\/alicegn.cluster129.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-1024x682.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-71\" srcset=\"https:\/\/alicegringras.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-1024x682.jpeg 1024w, https:\/\/alicegringras.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-300x200.jpeg 300w, https:\/\/alicegringras.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image.jpeg 1801w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\">Archives &#8211; FFI<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab Il avait un fusil mitrailleur \u00e0 la maison et, quand il le nettoyait, j\u2019allais derri\u00e8re lui, bien entendu, j\u2019\u00e9tais curieuse, et ma grand-m\u00e8re venait rousp\u00e9ter \u00bb<\/em>, s\u2019amuse Monique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hormis ces rares moments, la petite fille n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9e dans les activit\u00e9s de son oncle. Elle se souvient de discussions d\u2019adultes, de conversations saisies \u00e0 demi-mots sur la R\u00e9sistance, semblant envelopp\u00e9es d\u2019un voile de myst\u00e8re. On ne parlait pas de cela, sans doute par pudeur et par prudence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Monique se rem\u00e9more les armes que son oncle allait r\u00e9cup\u00e9rer gr\u00e2ce aux parachutages am\u00e9ricains dans la campagne voisine, et du tissu orange des parachutes, transform\u00e9 en rideaux par sa grand-m\u00e8re. C\u2019est \u00e0 cette occasion qu\u2019elle d\u00e9couvre le nylon ! Une mati\u00e8re nouvelle, venue d\u2019un monde lointain, comme une promesse de modernit\u00e9 en pleine guerre.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"535\" src=\"http:\/\/alicegn.cluster129.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-72\" srcset=\"https:\/\/alicegringras.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-1.jpeg 800w, https:\/\/alicegringras.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-1-300x201.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Parachutage sur la plaine d&#8217;\u00c9challon. \u00a9 D\u00e9partement de l&#8217;Ain \/ Direction des Patrimoines et des Mus\u00e9es<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Malgr\u00e9 le poids de l\u2019Histoire, l\u2019enfance de Monique n\u2019est pas fig\u00e9e dans la peur. \u00c0 Reignac, ses grands-parents savent la prot\u00e9ger, la maintenir dans une forme de normalit\u00e9, en d\u00e9pit de la pr\u00e9sence des Allemands, des restrictions et des alertes \u00e0 la bombe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les soldats allemands font ainsi partie du paysage. Monique se souvient d\u2019un en particulier : Hans, un jeune homme de 20 ans qui venait manger chez sa grand-m\u00e8re. <em>\u00ab Il \u00e9tait parti en man\u0153uvre et avait pass\u00e9 quatre jours sans manger. Ma grand-m\u00e8re avait fait un c\u0153ur de b\u0153uf qu\u2019elle avait r\u00e9ussi \u00e0 avoir au march\u00e9 noir. Il l\u2019a mang\u00e9 en moins de deux. Il avait si faim\u2026 \u00bb<\/em>, confie-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si la petite fille a \u00e9t\u00e9 relativement prot\u00e9g\u00e9e des affres de la guerre, Monique se rappelle d\u2019une aventure qui la fait encore frissonner \u00e0 ce jour. Le 10 juin 1944, le village d\u2019Oradour-sur-Glane fut le th\u00e9\u00e2tre d\u2019un massacre perp\u00e9tr\u00e9 par la 2\u1d49 division SS \u00ab Das Reich \u00bb. Ce drame, survenu quatre jours apr\u00e8s le d\u00e9barquement alli\u00e9 en Normandie, s\u2019inscrit dans une logique de terreur, visant \u00e0 intimider les populations civiles et \u00e0 dissuader toute r\u00e9sistance contre l\u2019occupation allemande.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"blob:http:\/\/alicegn.cluster129.hosting.ovh.net\/71bd0e81-5c7e-443b-a5d3-303ef4937a59\" width=\"602\" height=\"340\"><br><em>Archives Oradour-sur-Glane \u00a9 LCP<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand les rumeurs de ce funeste \u00e9v\u00e9nement traversent la commune, la panique gagne Reignac. Une nuit, l\u2019alerte sonne et les habitants de la commune se r\u00e9fugient dans des hangars. Tous, sauf un. <em>\u00ab Il n\u2019y en a qu\u2019un qui est rest\u00e9 dans son lit, c\u2019est mon grand-p\u00e8re. Il ne voulait pas bouger. Il a dit : \u201cJ\u2019ai fait la guerre de 14, \u00e7a va comme \u00e7a\u201d \u00bb<\/em>, confie Monique avec un sourire en coin. Au petit matin, tout est redevenu calme. La terreur est pass\u00e9e comme une ombre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Monique se souvient d\u2019une autre aventure qui marqua son enfance en pleine guerre : un d\u00e9placement \u00e0 Blaye pour porter du linge \u00e0 des soldats d\u00e9mineurs. La jeune fille, alors \u00e2g\u00e9e d\u2019une dizaine d\u2019ann\u00e9es, monte sur le bateau avec eux et partage des g\u00e2teaux \u2014 une denr\u00e9e rare en p\u00e9riode de rationnement ! Ce sont des instants simples, des parenth\u00e8ses joyeuses dans une \u00e9poque troubl\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La petite fille retrouve enfin sa maman en 1943, lorsque la ligne de d\u00e9marcation est lev\u00e9e. Lucette ne parlera que tr\u00e8s peu de ses ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 Paris, sous l\u2019Occupation. Elle laisse toutefois \u00e9chapper une anecdote que sa m\u00e8re lui a partag\u00e9, sans doute dans un moment de de rel\u00e2chement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab Ils \u00e9taient un groupe de plusieurs personnes \u00e0 v\u00e9lo, dans les environs de Dreux, quand ils ont entendu un bombardement. Ils ont plong\u00e9 dans un foss\u00e9 et les bombes pleuvaient \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019eux. Ma m\u00e8re m\u2019a dit : \u201cJ\u2019ai eu peur, j\u2019avais un morceau de saucisson dans la gorge, il ne savait pas s\u2019il devait monter ou descendre !\u201d \u00bb<\/em>, raconte Monique avec amusement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Monique se souvient de sa m\u00e8re comme d\u2019une femme douce, au c\u0153ur g\u00e9n\u00e9reux, mais qui ne se laissait pas marcher sur les pieds. <em>\u00ab Un peu comme moi ! \u00bb <\/em>s\u2019exclame Monique. Ce d\u00e9terminisme permet \u00e0 Lucette de se procurer des denr\u00e9es rares en p\u00e9riode de guerre. <em>\u00ab Parfois, elle faisait 160 km \u00e0 v\u00e9lo aller-retour pour aller chercher du beurre, un peu de fromage, des pommes de terre ! \u00bb<\/em>, s\u2019\u00e9tonne encore aujourd\u2019hui sa fille.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour survivre, Lucette fait des m\u00e9nages, faute de pouvoir exercer son m\u00e9tier de couturi\u00e8re. <em>\u00ab Il n\u2019y avait pas de couture, car il n\u2019y avait pas de tissu durant la guerre ! \u00bb<\/em> explique Monique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"572\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/alicegn.cluster129.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-2-572x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-73\" srcset=\"https:\/\/alicegringras.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-2-572x1024.jpeg 572w, https:\/\/alicegringras.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-2-168x300.jpeg 168w, https:\/\/alicegringras.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/image-2.jpeg 793w\" sizes=\"auto, (max-width: 572px) 100vw, 572px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><em>Monique et sa m\u00e8re (date inconnue)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a des vies qui s\u2019\u00e9crivent en silence, sans tapage ni \u00e9clat, mais dont chaque ligne vibre d\u2019une force tranquille. Monique est de celles-l\u00e0. N\u00e9e en 1931, elle a travers\u00e9 le XXe si\u00e8cle \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un fil tendu entre le devoir et la discr\u00e9tion, la tendresse et la rigueur, l\u2019humour et la pudeur. &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/alicegringras.fr\/hello-world\/\" class=\"more-link\">Read more<span class=\"screen-reader-text\"> &#8220;Monique &#8211; M\u00e9moire d&#8217;une vie&#8221;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":95,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-1","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-blog"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/alicegringras.fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/alicegringras.fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/alicegringras.fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alicegringras.fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alicegringras.fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/alicegringras.fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":76,"href":"https:\/\/alicegringras.fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1\/revisions\/76"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/alicegringras.fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/95"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/alicegringras.fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/alicegringras.fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/alicegringras.fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}